Closed doors of perception ?
Artiste du Lion (2006) de la place Stalingrad, Xavier Veilhan est revenu pour nous sur le processus de création de son œuvre.
Six ans se sont effectivement écoulées depuis l’installation du Lion face au fleuve. De son aveu, l’artiste oublie. La mémoire décline. Les souvenirs perdent en intensité. Mais c’était sans compter sur les vertus vivifiantes du vin rouge, lui redonnant alors le courage nécessaire pour courir à nouveau dans son labyrinthe idéal et reprendre son souffle au carrefour des réminiscences.
Il était une fois un tramway …
Puisque qu’en effet un projet n’arrive jamais seul, le projet du tramway fut lui aussi accompagné par la volonté des pouvoirs publics de le chaperonner par des artistes et des œuvres d’art. « Mais je suis arrivé en deuxième couteau : Barbara Krugger ou Jenny Holzer (artistes conceptuelles américaines), je ne sais plus, avaient été contactée pour faire ce projet, qui n’a pas abouti. » Et c’est Alfred Pacquement, directeur du Musée national d’Art Moderne – Centre Pompidou qui a ensuite proposé le nom de notre diplômé de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. « Quand je suis venu voir sur place, j’ai été frappé par la dimension centrale de la place et de la dimension banlieusarde dans tout l’environnement. Il y avait un grand écart. Et les bordelais à qui je parlais de mon projet disaient : « Ah oui, c’est de l’autre côté. ». N’étant pas bordelais, je trouvais ça surprenant car pour moi, c’était le centre ville. »
Quelle identité ?
« L’idée de cette œuvre était de donner une forme de gloire à ce quartier qui n’en avait pas et de lui donner une identité, quelque chose de très simple et qu’on puisse se dire « On se retrouve au lion avant d’aller manger un morceau » et d’accompagner l’arrivée du tram par un signe visuel fort. » Pourquoi la figure du lion ? « Il manquait la fierté un peu, donc j’avais envie d’un truc de fierté mais pas d’une fierté mise sur un socle, inatteignable ou commémorative, mais celle de gens qui sont là, qui sortent de chez eux, qui prennent le tram, qui passent et qui sont contents. C’est ce dont je me rappelle. » Quid de la couleur ? « C’était un peu pour contrebalancer le côté obsolète de la représentation animale un peu machiste et pompeuse. Un truc un peu layette, je trouvais ça pas mal, comme la contradiction du côté très déclamatoire du sujet et de la taille. Mais c’était important qu’on le voit de l’autre côté, mais on le voit de moins en moins avec les arbres. » Le Lion n’est donc ni une œuvre d’art pour l’art, ni une œuvre d’art social, mais une œuvre d’entre-deux, mi-figue mi-raisin. En fait le fruit d’une commande publique passée par la CUB, destinée aux regards fuyants et furtifs des passagers du tram.
Texte et photo : Paul-Michaël Borgne

Des colibris dans la ville
A l’occasion de la journée de mobilisation nationale du 31 mars « Tous candidats 2012. Pour une République des consciences » nous avons rencontré la référente locale du Mouvement Colibris sur le pont de pierre.
Sur tout le long de la promenade Martin Luther King et jusqu’au pont de pierre, Florence Bertin et son groupe ont installé plus d’une centaine de portraits en noir et blanc d’anonymes bordelais(es) qui se sont portés candidats pour la campagne « Tous candidats 2012 » Initiée par le Mouvement Colibris, créé en 2007 par Pierre Rabhi, agriculteur et essayiste, cette campagne d’affichage nationale, à laquelle coopère le photographe français JR via son projet artistique Inside Out, consiste à rendre visible l’expression et l’engagement des personnes de la société civile en faveur du changement et de l’avènement d’une société écologique et humaine. Pas moins de 25 000 personnes se sont portées candidates dans 90 villes de France avec 15 000 portraits dans 40 villes nous apprend Florence Bertin, qui a également le sien et qu’elle a elle-même installé sur l’un des arbres de la promenade.
Un mouvement et un réseau … de colibris
« C’est une association humaniste, écologique et citoyenne dans laquelle les personnes s’engagent dans leur quotidien en transformant leur territoire vers plus d’humanité et pour plus d’écologie. Et à travers des forums Transformons nos territoires, l’association rend visible et met en réseau les actions locales des citoyens eux-mêmes tant dans les problématiques de l’alimentation, de la santé, de l’éducation, du traitement des déchets… c’est-à-dire celles du quotidien » conclut Florence Bertin avant d’installer un autre portrait. L’emblème du colibri et l’activité de ce mouvement se fondent à la fois sur une vision cosmologique et sur une conception de la totalité où le centre est partout et la périphérie nulle part. « C’est lié à une légende amérindienne dans laquelle il y avait un grand feu qui menaçait les animaux. Un colibri prit de l’eau dans son bec, et goutte après goutte, il allait les déposer sur le feu. Alors un gros oiseau vint lui dire : « Tu n’y arriveras jamais » et le colibri lui répondit aussitôt « Je ne vais peut-être pas arrêter le feu dans sa totalité, par contre je fais ma part, goutte après goutte » explique la colibri bordelaise.
La politique des colibris
Pour les Colibris, il s’agit moins de constituer un contre pouvoir vis-à-vis des élections que de parvenir à devenir une force de propositions. « A l’issue des forums ouverts Transformons nos territoires, où des idées émergent, nous allons, à partir de ces idées, constituer une charte du citoyen que l’on va publier en automne. Et celle-ci va être proposée aux politiques et diffusée en tant qu’elle offre des pistes pour faire changer et améliorer les choses. On veut influer sur les politiques, ce n’est pas possibles autrement » explique-t-elle. Pour l’instant, où les citoyens ne sont pas encore des forces de propositions visibles, le Mouvement Colibri a mis en place sur Internet une plate-forme sur laquelle chacun peut trouver les moyens de devenir responsable près de chez soi. En répertoriant tous les acteurs au service de la vie locale ainsi que les initiatives remarquables (acteurs du bio, éducation alternative, éco-construction, projets…), le Mouvement Colibri offre ainsi la possibilité de prendre une décision fondée sur l’existence de choix (alternatifs).
http://www.colibris-lemouvement.org/ensemble/acteurs-et-projets-pres-de-chez-soi
http://www.comcolibris.net/pages/projets/fiche3.php?id=29
Texte et photo : Paul-Michaël Borgne
Editorial du numéro 149- Mai 2012
Et comptez les clochettes…
Le brin de muguet vient de se mettre en vitrine chez les fleuristes et sur les bords de route.
Je t’en offre, tu m’en offres, ça nous portera bonheur.
Cette petite fleur bien odorante est chargée de légende et d’histoire. Il parait même qu’Apollon aurait recouvert le Mont Parnasse de muguet pour que les muses ne se blessent pas. L’homonymie avec le quartier parisien n’est pas un concours de circonstance. Un tas de gravats formait une petite colline et quelques étudiants plein d’humour l’auraient appelée Mont Parnasse en clin d’œil à la montagne grecque qui surplombe la cité de Delphes.
Le muguet succède à l’églantine rouge et sera associé à la fête du travail, après avoir été seulement tradition du 1er mai pendant plus de quatre cents ans. La Finlande a adopté le muguet comme fleur nationale en 1982. En France, c’est à Nantes qu’on trouve la plus grosse production de muguet. Je ne veux pas fanfaronner, mais Nantes, c’est la rive droite !
Dans la symbolique des fleurs, le muguet signifie le retour du bonheur. J’espère que vous aurez été généreux cette année, car, le retour du bonheur, on en a bien besoin !
La météo s’est mise à freiner nos élans. Après un élan printanier en février, la voici capricieuse et grogneuse.
Le pétrole continue à freiner nos envies. Que le prix du litre baisse ou diminue, il n’en demeure pas moins qu’un plein c’est 50, 60 et même 70 euros, selon la taille du réservoir et le type de carburant.
La montée sourde d’un cocorico continue à freiner nos motivations. Comment se projeter et croire en de multiples petites satisfactions de tout ordre quand on ne sait même plus si notre sympathique voisine de trente ans ne vote pas là où ça nous fait si mal.
Je t’en offre. Tu m’en offres, ça nous portera bonheur.
Si vous avez raté le coche, mardi : oublier le calendrier et acheter du muguet. Offrez, offrez, offrez. Le retour du bonheur… Ça ne s’attend pas, ça se provoque ! Choisissez un brin à 13 clochettes. Il parait que ce sont les meilleurs…
Véronique Deforges
Un « midi-idées » qui n’a rien d’un déjeuner sur le pouce.
L’égalité femmes-hommes ?
Dans une salle archi-comble du bâtiment du Conseil de développement durable de la CUB à Bordeaux, où toutes les places sont occupées par des femmes, les hommes ne passent pas inaperçus. Il est midi. Nous sommes le 2 février 2012. L’heure est grave. Fabienne Brugère, présidente du C2D, l’annonce immédiatement en guise de préambule. « Pour moi, la question de l’égalité femmes-hommes, c’est la nécessité de parler du féminisme, c’est-à-dire parler au nom de l’égalité des sexes, et si les hommes sont réellement des démocrates, ils peuvent donc être féministes. » L’histoire est entendue ? Pas si sûr. Aux lendemains de la Révolution française, la Constituante refuse le droit de vote aux femmes. Mais la parole d’Olympe de Gouges porte haut : l’auteure de Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne y inscrit à titre princeps l’égalité de droit entre les hommes et les femmes. Condorcet est acquis à la cause et se prononce pour l’admission des femmes aux droits de la cité. Finalement, 156 ans plus tard, la République française accorde le droit de vote aux femmes par décret. S’ensuit la légalisation du droit à la contraception en 1967. La dépénalisation de l’IVG en 1975. La suppression de l’obligation d’autorité parentale en 2001 pour les mineures souhaitant avortées. Et enfin la loi sur la parité qui tend à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. « Des acquis féministes qui sont porteurs du féminisme » conclut-elle.
« L’égalité femme-homme », flatus vocis ?
Pourtant des vases clos demeurent imperméables à l’expression publique. Ainsi la loi Roudy de 1983, qui vient sanctionner l’égalité professionnelle femmes-hommes, peine difficilement à s’appliquer dans le « privé ». « L’égalité salariale est très loin, ce qui pose effectivement la question de l’application des lois. La question des lois est importante mais celle des dispositifs pour leurs applications est plus importante » problématise Fabienne Brugère. En effet la loi de janvier 2011 relative à la représentation équilibrée des hommes et des femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des sociétés est encore insuffisante puisque son application n’existe pas totalement. « On est encore assez loin d’une telle réalité. » Ainsi le problème de l’application des lois en faveur de l’égalité femmes-hommes pointe la douloureuse question de l’effectivité du droit. « L’égalité des sexes ne peut devenir effective que s’il y a des mouvements sociaux qui poussent les partis au pouvoir à prendre des dispositions » s’avance la présidente, avant d’ajouter qu’il sera difficile pour une république de s’autoproclamer démocratique en l’absence de l’existence de cette égalité là. Et pas seulement l’égalité femmes-hommes mais toutes les formes d’égalité. Condition sine qua non à une véritable République démocratique. « Le féminisme doit redevenir populaire comme les autres mouvements. De quelles manières ? En étant du coté du versant démocratique, qui impose une subversion des places, et du côté d’un pouvoir d’agir collectif et individuel qui va avec un changement des modes de vie. Le féminisme est un pouvoir d’agir en faveur de l’égalité des sexes car l’égalité est démocratique. »
L’inégalité femmes-hommes est inscrite et aux vues de tous dans la ville
Maître de conférence en géographie à l’université de Bordeaux 3, Yves Raibaud a étudié l’usage de la ville par les femmes et les hommes ainsi que la mixité dans les loisirs des jeunes en 2009 et 2010. En introduisant la problématique des genders studies dans une vieille discipline, le chercheur a mis à la question la généralité et la neutralité de « la terre » en se demandant si son écriture dans l’espace et les aménagements était si asexuée que cela. « La variable du genre est révolutionnaire dans ces études. Dans la recherche, le changement d’indicateur dévoile pas mal de choses », avant de préciser que « les espaces publics de loisirs sont plus utilisés par les hommes ; que lors des activités non-mixtes, il y a un décrochage des filles à partir de la 6eme entraînant leur disparition des espaces publics, des centres d’animations et sportifs… et qu’il y a une survalorisation des espaces masculins provoquée par l’intérêt social pour le sport, puisque non seulement le sport est valorisé socialement en tant que champs de la compétition mais encore le sport est valorisé car il constitue un dispositif de canalisation des pulsions, c’est pourquoi la part des budgets consacrée au sport est constamment renouvelée. » Mentionnant les travaux de Guy Di Méo, spécialiste de la géographie sociale et culturelle, Yves Raibaud rappelle que la différence entre les sexes est un processus social et historique. Ainsi à Bordeaux, où le chercheur mène actuellement une étude sur l’usage de la ville avec l’A’urba, les quartiers de Bacalan, de Paludate et de la porte de Bourgogne sont révélateurs des anomalies d’accès à la ville par les femmes puisque ces dernières y sélectionnent des itinéraires en fonction des zones d’éclairages et d’ouvertures des aménagements. « Il y a des itinéraires qui expriment des séparations et des anomalies dans la ville - qui passent inaperçues par les urbanistes, qui eux, pensent davantage aux trottoirs-poussettes » souligne Yves Raibaud en indiquant par exemple le cas précis du skatepark de Bordeaux qui fait consensus dans la salle. Et de conclure que la question de genres permet de se poser des questions qui passent inaperçues.
La lutte pour l’égalité femmes-hommes sur le terrain
Les associations sont en première ligne sur ce champ de bataille quotidien. Et grâce à leurs actions et à leurs soutiens, à l’exemple de la Maison des femmes de Bordeaux, les femmes désireuses d’échanger avec d’autres femmes sur des questions qui les préoccupent peuvent s’y rencontrer et y être entendues. Située au 27 cours Alsace Lorraine, l’association mène deux missions : d’abord celle d’écouter et d’orienter les femmes sur toutes les problématiques qui peuvent les concerner (insertion professionnelle…) et ensuite d’être un lieu culturel et artistique où l’on peut discuter et mener des réflexions sur le statut des femmes par l’intermédiaire d’ateliers et de conférences. Et à la Maison des femmes de Bordeaux, il n’est pas question de parler de « Fête du 8 mars » mais bien plutôt de « la journée de la lutte pour l’égalité femmes-hommes ». Quant à elle, l’association Osez le féminisme souhaite populariser le féminisme en ayant recours à trois leviers d’action : la diffusion d’un journal militant sur tout le territoire ; la communication via Internet et enfin des actions de rue et des manifestations. Ainsi il a été mis en place un site Internet Egalité2012.com dans le but de faire rayonner le plus possible la lutte pour l’égalité femmes-hommes. « On ne lâchera pas le morceau tant qu’on en parlera pas ». Justine Maitre, représentante de l’association à Bordeaux, énonce les revendications : « l’égalité femmes-hommes dans la rémunération salariale ; la facilité d’accès à l’IVG et le remboursement des moyens de contraception. »
http://maisondesfemmes.bx.free.fr/index08.html
http://www.osezlefeminisme.fr/
Jean-François Lyotard, Rudiments païens, genre dissertatif.
Texte et photo : Paul-Michaël Borgne
On est loin du compte
Débat de l’émission 4 média.
Quatre journalistes représentant Sud Ouest, Aqui.fr, O2 radio et l’Echo des Collines abordent un sujet d’actualité avec des invités. Débat diffusé par O2 radio (91.3) le second jeudi de chaque mois à 19h, puis librement repris par les trois autres média.
Tel est le constat des femmes réunies à Hauts de radio le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour les luttes des femmes.
Une situation détériorée en France, constate Maryse Lassalle (coordinatrice de la quinzaine Des femmes pour changer la société ?) : « j’étais très féministe dans les années 70. Puis j’ai eu des priorités professionnelles et d’autres intérêts. Je me suis aperçue de l’ampleur des dégâts et de la nécessité de reprendre beaucoup de luttes pour les femmes. »
Être féministe : un gros mot ?
C’est l’impression que l’on a depuis les années 80, selon Nicole Blet, présidente du Planning familial. « Beaucoup de femmes disent : moi je ne suis pas féministe. Je réponds : alors, tu rends ta plaquette de pilules, ton bulletin de vote, ton carnet de chèques, ton appartement … » On a oublié toutes les luttes et les conquêtes des cinquante dernières années.
Des inégalités hommes / femmes qui perdurent
« Avec la crise économique, on renvoie les femmes à la maison. Elles sont davantage touchées par la précarité et le temps partiel ». La réforme des retraites va avoir des effets désastreux : les femmes se sont arrêtées pour s’occuper des enfants et ont moins travaillé. Et « comme les mouvements féministes ont été moins actifs, des mouvements très moralisateurs ont gagné du terrain, à Bordeaux en particulier. »
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SALAIRE HORAIRE MOYEN (en 2009) :
2O % de moins que les hommes
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MARCHE DU TRAVAIL (2010)
Actives : 66%
Temps partiel : 31 %
Cadres : 39 %
Emplois non qualifiés : 62%
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TRAVAUX MENAGERS
Deux fois plus que les hommes
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EN POLITIQUE
18 % de députées
22 % de sénatrices
13 % de maires
2 présidentes de régions
CONSEILS d’ADMINISTRATION dans les entreprises du 4.40
Légère progression : 20,8 % en 2011, au lieu de 15,3 en 2010 et 10,5 en 2009. Mais de qui dépend vraiment le pouvoir dans une entreprise ?
PDG : 2 % sont des femmes.
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VIOLENCES CONJUGALES
Une femme en meurt tous les deux jours
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Stéréotypes sur les métiers et carrières
Ils persistent dans tous les domaines, entre autres dans les carrières scientifiques. Paul Brouzenc, universitaire, rappelle l’exclusion des femmes du processus de création dans le domaine scientifique et technologique. Marie Curie a eu deux prix Nobel ; pourtant elle n’a jamais été admise à l’Académie des sciences. La première femme élue à dans cette Académie, Yvonne Choquet-Bruhat, l’a été en 1979 ! Or la science n’est pas sexuée. « Avec des résultats au moins égaux à ceux des garçons, et souvent supérieurs, elles abandonnent les carrières ; quand elles prennent des responsabilités, elles n’accèdent jamais aux postes de responsabilités les plus élevées. » Selon son enquête, les hommes jouent sans doute un certain rôle dans cette exclusion. Mais il met en cause toute une éducation, toute une culture, des idées reçues qui imprègnent les garçons, mais aussi les filles, et qui touchent les jeux, les modes, un ensemble de comportements. Pourtant il ne devrait pas y avoir de domaines réservés aux femmes, ni aux hommes.
Comment corriger ces idées reçues ?
Des lois ne sont pas inutiles. Mais on les contourne trop facilement, par exemple « en mettant des femmes en tête d’affiche, lors des élections, sur des circonscriptions perdues d’avance »(1). Paul Brouzenc est plus catégorique ; selon lui « l’application autoritaire d’un principe de parité décidé au plus haut niveau n’est pas la bonne voie ». Tout ne peut venir que d’une pression populaire, et d’un travail d’éducation et de formation. Ce qu’approuve Sandrine Thorant, chef d’entreprise : « ce ne sont pas forcément les lois qui vont faire changer les choses ».
La timidité des programmes politiques
Les élections présidentielles sont une bonne occasion de tester les propositions des divers candidats. La fermeture de centres IVG, la baisse des subventions au planning familial ont été sévèrement critiquées. « Nous ne voulons pas revenir à la situation antérieure : une femme par jour mourait parce qu’elle se faisait avorter comme elle le pouvait, » rappelle Nicole Blet. Un ministère du droit des femmes ? Mais cela existait en 1982. « Ce que nous demandons : un ministère qui intervienne pour chaque proposition de loi et vérifie si elle va à l’encontre ou non du droit des femmes. » De vrais moyens contre les violences conjugales : on manque de places dans les lieux d’hébergement. Autant de femmes ministres que d’hommes ? « Ce serait normal puisque nous représentons la moitié de la population ». On constate aussi que les candidats ignorent certaines lois existantes. Ce serait bien de les faire applique. Il ne suffit pas de voter une loi : il faut prévoir les moyens.
Des femmes donnent l’exemple
De nombreuses femmes réagissent, heureusement. De nouvelles associations ont vu le jour et ont pris le relais : Osez le féminisme, La barbe…(1) Des femmes chefs d’entreprises ont fait part de leurs expériences au Rocher de Palmer, samedi 10 mars. Telle Gaëlle Arnay, dessinateur projecteur en électricité. Elle nous rapporte la réaction d’un de ses condisciples, dans une classe où elles se retrouvaient 5 filles sur 30 : « vous n’avez rien à faire ici ; vous prenez la place des garçons, votre place est à la maison, derrière les fourneaux, à torcher le cul des gamins »… Il lui a fallu résister, s’endurcir, se moquer de ces réactions et continuer en montrant ses compétences. De même Florence Delezay, autre chef d’entreprise, a dû s’imposer pour passer son diplôme de musculation et faire ses preuves dans ce métier un peu fermé. Mais « maintenant plus de souci. » Le très beau film documentaire D’égale à égales (de Christophe Cordier et Corinne Mélis), projeté le 16 mars à la médiathèque de Bois fleuri, à Lormont, nous a montré quatre itinéraires remarquables de travailleuses migrantes ou filles d’immigrants, qui prennent peu à peu des responsabilités syndicales, et qui attirent le respect par leur lucidité et leur sens de la solidarité, loin de tous les stéréotypes.
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Anne-Laure Fabre-Nadler, de l’association Osez le féminisme (Echo des collines, novembre 2011)
Jacques Brunet
Bref, un édito.
Bref*. Le fil d’avril.
Tous les mois, l’association sort son journal. En été, c’est un numéro double. Ça fait 11 numéros par an. L’asso a été créée en mars 1998. Bref. Ça fait 14 ans et ça fait 148 numéros.
Au début, y’a eu plein de bénévoles. Y’a eu des ententes, des désaccords, des ententes encore et d’autres désaccords. Bref. Y’en a qui sont partis, y’en a qui sont revenus, y’a des nouveaux qui sont arrivés et y’en a d’autres qui le savent pas encore qui seront des nouveaux.
En même temps, y’a eu des salariés et des appuis. Beaucoup de salariés. Des emplois-jeunes, des contrats aidés, des stagiaires bénévoles et des regards extérieurs. Ils ont regardé, ils ont conseillé, on les a écoutés. Bref. Y’a eu et y’a encore beaucoup de mobilisés.
Pendant ce temps-là, y’a eu des hauts et des bas. Un nouveau journal. Ça plaît toujours. Un journal, c’est jamais facile. Faut se renouveler. Faut suivre une ligne éditoriale. Faut la faire évoluer, sans jamais la tromper. Bref. C’est compliqué.
Depuis tout ce temps, y’a eu des publicités, des publi-rédactionnels, des subventions et des financements privés. Y’a eu des abonnements soutiens, des abonnements tout simples, des abonnés et des tas de lecteurs. Y’a des numéros dans des salles d’attentes, des bibliothèques, des endroits publics. Bref. Y’a plein de lecteurs.
Et pourtant, c’est pas facile. Faut équilibrer, malgré la crise, malgré la presse fragile, malgré la presse gratuite, malgré l’internet. L’information sur Internet. L’information sans Internet. Bref. Faut arriver à se maintenir.
On a fait une souscription en 2007. Ça a marché. On a avancé. On est maintenant sur Internet. Il faut y être. On est lu. C’est gratuit. On a fait une autre souscription en 2012. Ça a marché. On est maintenant un petit peu plus aidé. C’est localisé. C’est la rive droite. Bref. Le territoire et la presse, c’est compliqué.
Ugo travaille dans un autre journal, Brigitte aussi, Emmanuelle aussi. Claire est au GPV. Béatrice fait de la guitare. Youenn dessine. Najia est toujours là. Paul-Michaël vient d’arriver. Delphine infographise. Jacques écrit. William compte. Marie-Claire recadre. Simone est là. Monique indexe. Bref. Tout le monde s’est mobilisé et se mobilise.
Plein de lecteurs nous ont fait signe. Des mairies nous ont entendus. Sud-Ouest nous a écoutés. Bref. L’Echo d’avril est sur le fil.
(*) Edito inspiré dushortcom créé par Kyan Khojandi et du contexte actuel dU journal.
Véronique Deforges
Les communautés de communes de la Rive droite
ACTUALITÉ
Schéma départemental de la coopération intercommunale
Tous les cadeaux ont été échangés. Parents. Enfants. Grand-parents. Cousins, cousines… Mais les réjouissances de fin d’année n’auront pas égayé uniquement le cocon familial. L’État aussi a pensé à ses chers administrés et à ses collectivités territoriales. A la veille de la nouvelle année, il leur a offert le fameux SDCI. Sous ce joli petit sigle se cache timidement le puissant schéma départemental de la coopération intercommunale. Un cadeau qui ne date pas d’hier puisque le schéma, signé le 27 décembre par le préfet de la Gironde, Patrick Stéfanini, obéit à la loi du 16 décembre 2010 portant sur la réforme des collectivités territoriales. Une nouvelle fois donc, les communes et les regroupements de communes sont sur le devant de la scène et au centre des attentions de l ’ a d m i n i s t r a t i o n Concrètement le schéma fait suite au mouvement général de décentralisation qui consiste à transférer des pouvoirs administratif et les prérogatives de l’État aux collectivités et aux personnes morales de droit public « distinctes de lui ». Celles-ci restent toutefois sous sa surveillance. Sous celle du préfet, représentant décentralisé du pouvoir exécutif sur le territoire afin de sauvegarder l’intérêt général contre les possibles excès des autorités locales.
Décentralisons !
C’est ainsi que les gouvernements successifs ont favorisé l’émergence des établissements publics de coopération intercommunales (EPCI) avec la création d’un droit spécifique aux collectivités territoriales (CGCT). D’abord la loi du 12 juillet 1999, dite loi Chevénement, relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale, qui consacre les syndicats de communes, les communautés de communes et les communautés d’agglomération. Puis dans un deuxième temps dit de réforme de la décentralisation, la loi du 13 août 2004, relative aux libertés et responsabilité locales. Cette dernière rend officiels le transfert des compétences et la prise d’autonomie financière des collectivités territoriales et des EPCI. Enfin la toute dernière loi du 16 décembre 2010, dite loi de réforme des collectivités territoriales d’où émerge le schéma départemental de la coopération intercommunale.
« Commission Attali »
Pour être plus clair, la loi de réforme des collectivités territoriales est le fruit d’une seconde décision de l’exécutif au regard des propositions de la Commission pour la libération de la croissance française de 2008, dite Commission Attali, du nom de son président. Jacques Attali fut chargé par le président de la République française, Nicolas Sarkozy, de rédiger un rapport raisonné fournissant des recommandations et des propositions afin de relancer la croissance économique de la France. D’où la réforme des collectivités publiques pour une organisation territoriale simplifiée afin d’en accroître l’efficacité et faire des économies. C’est ainsi que le schéma mène à son terme la décentralisation, une couverture intégrale du territoire par des EPCI, résorbant alors les dernières enclaves et discontinuités. A partir du 1er juin 2013, il ne devrait plus exister de communes seules et isolées. Elles seront nécessairement intégrées au sein d’un EPCI déjà existant ou nouvellement créé, dans un périmètre territorial donné ou nouvellement modifiée.
HISTOIRE
L’intercommunalité : une problématique administrative et politique
Au 1er janvier 2011, le département de la Gironde comptait 542 communes c’est-à-dire 542 échelons politiques et administratifs de base, sur un ensemble national de 36783 communes. Ce qui, sous le phénomène de la décentralisation et de l’intercommunalité, a donné ensuite naissance à 43 communautés de communes, à la CUB, et à une communauté d’agglomération - soit 45 EPCI à fiscalité propre. Ainsi qu’à 289 syndicats. Avec toutefois 10 communes isolées. A ce constat quantitatif s’ajoute également un constat qualitatif partagé et répandu au sujet de l’administration du territoire. La France serait cette exception franco-française, qualifiée de « millefeuilles », aux multiples « doublons » dont « l’administration bureaucratique » exaspérerait les usagers des services publics. A les entendre, territoire et administration feraient donc mauvais ménage. Comment le vérifier puisque cela nécessiterait une vue surplombante ou tout du moins, un certain usage qui rendrait possible ce jugement.
Histoire du découpage territorial
En France, actuellement, il est tout à fait impossible de donner une définition de la commune sans y associer son administration. En effet l’administration est au coeur de la commune et sur tout le territoire : une commune sans administration est donc une contradiction dans les termes. Il est impossible de dire une commune sans y inclure l’administration car le concept de commune est un concept historique pensé par l’administration. En effet lors de l’Assemblée constituante de 1789, Mirabeau se prononce en faveur d’un découpage éparpillé du territoire qui doit permettre de « mieux contrôler les citoyens et garantir au pouvoir central une plus grande sérénité. 1 » Mais un siècle plus tard les effets de la centralisation se font ressentir, le pouvoir central étant incapable d’administrer et d’assurer ses prérogatives en matière de services publics sur l’ensemble du territoire. Pour y remédier, la loi du 22 mars 1890 donne le jour au syndicat de communes : un établissement public doté d’un minimum d’autonomie chargé de gérer les services publics intercommunaux. C’était sans compter sur la grâce. La fée électricité allait donner un coup de pouce à la réalisation de l’intercommunalité en sonnant la fi n temporaire des rivalités de clocher : les premiers syndicats intercommunaux à vocation unique ont été des syndicats de distribution d’électricité afin d’électrifier les communes rurales encore dans l’ombre des villes.
Les syndicats de communes à vocation unique ou à vocations multiples (SIVU, SIVOM)
L’intercommunalité des syndicats de communes est donc le maillon administratif le plus répandu. En tant qu’EPCI de forme associative, les syndicats offrent la possibilité aux communes de créer et de gérer ensemble des activités ou des services publics. Et en tant qu’association, ils peuvent être créés pour une durée
déterminée ou sans limitation de durée. En général pour une opération déterminée,
et sa durée est alors liée à l’achèvement de l’objectif que s’est fixé l’association.
En Gironde, au 14 avril 2011, il y a 289 syndicats : 217 SIVU, 13 SIVOM, 52 syndicats mixtes fermés et 8 syndicats mixtes ouverts, avec comme compétences : l’hydraulique ; l’eau/l’assainissement ; l’élimination des déchets ménagers et assimilés ; électricité… De gestion souple, les compétences mises en commun sont librement choisies par les communes. La représentation des communes au sein du conseil syndical est égalitaire, un siège pour chaque commune. Réunies au sein du conseil syndical, les communes élisent un président pour son organe exécutif. Enfin
le financement repose sur les contributions des communes adhérentes car le syndicat n’est pas un établissement public à fiscalité propre. Ainsi le financement
est soit budgétaire c’est-à-dire que les communes adhérentes versent une partie
de leur budget communal au syndicat soit il est fiscalisé c’est-à-dire alimenté par des prélèvements additionnels effectués sur les contribuables locaux qui acquittent une contribution au profit de leur groupement en plus de l’imposition communale. Le syndicat peut aussi bénéficier du concours financier de l’État ainsi que d’autres recettes que constituent les services rendus par le syndicat.
1 http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/decentralisation.asp
(…)
Paul-Michaël Borgne, avec l’aide de Jacques Brunet et de Henri Maillot.
Les habitants de Lormont s’interrogent
Urbanisme, déplacement, habitat : la révision du PLU 3.1 fait débat
18H30. Dans la salle d’apparat de l’espace citoyen Génicart, une quinzaine de personnes ont répondu présent à l’appel de La Cub via la mairie de Lormont. Réunis dans le cadre d’une réunion publique en vue de la révision du Plan local d’urbanisme 3.1, les habitants de Lormont ont pris place autour des tables. Après le discours du maire de Lormont, Jean Touzeau, en guise de préambule et une projection pédagogique faite par l’équipe d’organisation, les citoyens sont amenés à plancher sur le sujet. Pour les y aider, on a disposé sur chaque table un petit cahier, « La révision du PLU 3 .1 » et d’une fiche de contribution individuelle. Et pendant une trentaine de minutes, les participants, réunis autour de trois tables, doivent répondre d’abord individuellement puis collectivement à une série de 3 questions : « Selon vous, quels grands enjeux du projet de PLU 3.1 concernent particulièrement votre commune : pouvez-vous décrire comment ces enjeux se traduisent dans votre quotidien ? » ; « Y-a-t’il d’autre(s) question(s) qui se posent dans votre commune que vous souhaiteriez voir prises en compte dans le PLU 3.1 ? » et « A quelle(s) explication(s) concernant le PLU 3.1 souhaitez-vous avoir des réponses ? ».
La concertation
« Grâce à ce dispositif de la concertation, chacun prend la parole. Il y a un débat au niveau de la table qui facilite une délibération concertée. En effet les participants doivent peser leurs arguments. Ainsi on a un avis raisonné qui produit du collectif, ce que l’on ne peut avoir lors des réunions publiques » souligne Sophie Guillain, membre du cabinet de conseil Respublica et organisatrice de la concertation. Accompagnée d’une sociologue en charge de la logistique et de Jean-Baptiste Rigaudy, directeur général adjoint chargé des études et des projets de l’A’URBA (agence d’urbanisme de Bordeaux), Sophie Guillain rappelle à tous l’enjeu de la révision du PLU 3.1 avant de donner la parole à chaque table. Tenant compte de l’engagement national pour l’environnement dite loi Grenelle 2, la révision du Plu dit 3.1 - pour désigner trois documents en un - doit parvenir à y intégrer le plan local de l’habitat, le plan des déplacements urbains et le programme local de l’urbanisme et les 27 communes membres de la communauté urbaine de Bordeaux « en évitant les conflits avec les actions déjà entreprises hors de La Cub ».
Un forum à Lormont
« On est dans un débat très technique encadré par un processus réglementaire. Mais on doit être le plus large possible en prenant le temps d’échanger dans chaque commune » ajoute-t-elle. Elle ne s’est pas trompée puisque trente minutes plus tard, la concertation prend la forme d’un questionnement général où les questions sont plus nombreuses que les affirmations des participants. La table 1 s’interroge « Comment l’organisation de l’espace peut-elle créer de l’emploi ? Comment organiser les services par rapport au vieillissement de la population ? » Puis c’est au tour de la seconde table de questionner les responsables de la concertation : « Comment lutter contre les inégalités sociales ? Comment développer de la solidarité quant aux désertes des transports ? » Et la table 3 médite sur les limites de la ville de Lormont comme site de consommation et non de production. Le directeur général adjoint à l’agence d’urbanisme de Bordeaux se gratte la tête… D’un aveu général, les participants soulignent le déficit d’informations pour avancer des solutions. 21H00. Le mot de conclusion revient à Jean-Baptiste Rigaudy. Face à la diversité des questions posées, il pointe les difficultés pour parvenir à un consensus et trouver des solutions concrètes et stables.
Texte et photo : Paul-Michaël Borgne

Editorial du numéro 147 - Mars 2012
Dans la peau de Robert Escarpit …
Limpinpin, Lurette et autre Galahan O’galahan ne vous disent pas grand-chose … mais si on ajoute la poudre, la belle ou le saint, vous voilà au cœur d’un drôle de conte signé Robert Escarpit.
Par ces temps de disette pour les uns et de causette pour les autres, en écoutant discours et argumentaires de notre élite politique, je pensais à la poudre de perlinpinpin. Cherchant son origine, j’ai découvert la curieuse biographie de Robert Escarpit, macarien né en 1918. Décédé en novembre 2000 à Langon, Robert Escarpit a été étudiant brillant, résistant controversé, fondateur de l’IUT carrières sociales de Bordeaux, président de l’Université Bordeaux 3, chroniqueur forcément à Sud-ouest, militant au front populaire, rédacteur au Canard enchainé en pleine guerre d’Algérie, directeur du laboratoire des sciences de l’information et de la communication, conseiller régional d’Aquitaine, co-fondateur des « amitiés franco-albanaises ». Je ne vous ferai pas croire qu’il prêta sa plume au journal mais j’aurais aimé pouvoir l’écrire …
Galahan O’galahan, un Irlandais à l’accent prononcé, et que tous nommaient Glinglin. Il parait qu’il attend toujours d’entrer au Paradis, Saint-Pierre l’ayant invité à le faire le jour de sa fête … Et cette jolie Lurette, si volontaire et si généreuse, prête à aider Glinglin qui ne se souvenait jamais de rien. A son enterrement, Glinglin posa sur sa stèle une statue visible pendant des siècles ! Celle-ci faisait tellement partie du décor, qu’un jour elle disparut sans que personne ne s’en rende vraiment compte. Le temps n’avait plus de notion. Et lorsqu’on constatait son absence, quelqu’un était toujours là pour dire qu’il y avait belle-lurette que la statue avait disparu. Et Limpinpin ! Médecin-militaire de renom grâce à une poudre extraordinaire… éradiquant tous les maux en moins de cinq ans. Etait-ce l’approche des élections de 1974 qui le rendait créatif et lui donnait matière à inventer des personnages aussi caricaturaux … Avec un si joli parcours de normalien spécialiste de littérature anglaise, auteur de plus de 50 ouvrages sociologiques et romans, qu’avait-il donc en tête le jour où il écrivit ces curieux contes ?
Oh, je n’ai aucune réponse. Juste encore une petite réflexion. Quand on entend tout ce qu’on entend, quand on écoute tous les chiffres sortir du rouge, quand on apprend les grands claquements de doigts et hop, pour redresser la barque, quand triple A n’est plus là ça va, quand triple A est là, c’est drôlement bien, quand le pays d’à côté c’est l’exemple, quand le pays d’à côté c’est pas un bon exemple, quand le pays plus loin c’est pas de leur faute et quand le pays plus loin, c’est tout à cause d’eux seulement, quand l’usine ne fermera pas parce que c’est possible quand même et quand l’usine fermera quand même car c’est pas possible que ce soit facile et c’est tellement possible que tout soit facile, je me dis que le Conte, genre littéraire à part entière, a de l’avenir devant lui.
Dans vingt jours, le printemps…. Ça va piaffer dans les forêts !
Véronique Deforges



